A propos

Comme une ouverture sur le monde, un lieu d’échange, où partager observations, réflexions, désir de changer le monde comme il va, et croire en notre capacité à le faire.

Je suis arrivée au genre après un long parcours, un chemin de vie. Fille de mon père dont je porte le nom et le prénom ; identification réussie qui dit l’admiration, l’amour, le désir… très oedipien tout cela. Pour lui plaire, le choix d’une orientation professionnelle dans son métier, très masculin, le reprise de la société familiale puis la première rupture quand il s’agit de la fermer.

La seconde rutpure fut le choix d’un conjoint : quitter le nid familial, la triade oedipienne, le couple parental dans lequel je continuais à m’incruster. Paradoxalement, la rencontre  avec mon mari fut un retour vers la mère : avec lui, je renouais avec des valeurs et des postures ouvrières qui allaient prendre de plus en plus d’importance dans ma vie, et qui me sépara peu à peu…

Un premier enfant, une première reprise d’études, professionnelles, car dans un monde très masculin, je mesurais soudain combien une femme, et surtout enceinte, est fragile et peu de chose…  ce qui est incompatible avec un poste de direction tel que je le briguais. Il s’agissait de l’urgente nécéssité de prouver ma valeur, mes compétences… la réussite de cette reprise m’ouvrit alors de nouveaux horizons.

Mais il y eut d’abord cet enfant, et la lecture, à ce moment-là d’un livre de Christiane Olivier, « les enfants de  Jocaste », qui vint profondément m’ébranler, faisant écho à une discrète dépression post-partum. Si la vie continuait, un second enfant allait naître, une graine avait été semée.

Mère de bientôt trois enfants, je suivis mon mari dans ces différents postes à travers la France. Une dépression post-partum peut-elle s’étaler sur plusieures années, et se creuser au rythme des naissances. Comment pouvais-je être si malheureuse alors que j’étais comblée de tous ce que je croyais avoir désirée ? J’avais oublié Jocaste… me voyant dans cet état, mon mari me poussait à retravailler et je choisis de m’inscire à une année de préparation pour passer le concours de l’IUFM, (recrutant les futurs professeur-e-s des écoles entre autres). je me fis jeter. Mon mari, qui travaillait dans la formation, me parla alors des Sciences de l’Education, de l’université de Nanterre.

Un monde s’ouvrit à moi. Mieux que cela, la compréhension du monde, sous la forme de concepts et particulièrement celui du genre, qui ne s’appelait pas ainsi à l’époque mais « rapports sociaux de Sexes ». Les cours de Mme Françoise Hatchuel, en année préparatoire à la licence, puis ceux de Mme Nicole Mosconi, qui m’accompagna tout au long de mon parcours universitaire puisqu’elle fut ma tutrice de thèse, me permirent de mettre en sens et en mots mon vécu, mes insatisfactions, ma souffrance de femmes dans un monde fait par les hommes et pour les hommes.

 Aujourd’hui, je voudrais faire de ce lieu un espace où partager mon bonheur d’avoir rencontré ces idèes et ces concepts et de m’en sentir grandie, mon désir de mettre en sens le monde depuis un point de vue et une position de femme, et en devenir créatrice avec les lectrices et bloggeuses qui viendrons partager un peu de temps avec moi, en réagissant à ces idées subversives et en échangeant ensemble.

C’est un projet révolutionnaire, car la subversion consiste à soulever des idées, des mots, des pratiques, des comportements, pour les regarder, les examiner, les comprendre autrement. Comprendre, penser, réfléchir, c’est agir car c’est prendre conscience de ce que l’on fait et commencer à changer.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s