Résitance à l’égalité

L’argument de l’homonymie : « On ne comprend plus le
sens des mots ; traditionnellement “la préfète” désigne la
femme du préfet ».

Parce qu’on ne veut pas comprendre, parce que l’on feint d’ignorer que ces femmes sont tout autant faisantes et participantes de la création et de  l’évolution de la société que les hommes ! En leur refusant le féminin auxquels elles ont droit, on leur refuse l’accès à ses fonctions et la reconnaissance pour leur action, en tant qu’elles sont femmes. Cela n’aurait pas d’importance dans une société qui ne ferait pas de différence entre les sexes et leur traduction grammaticale en genres. Mais ce n’est pas le cas !
La « préfète » désigne en effet deux personnes différentes.
Mais ce problème ne peut être résolu en conservant des formules
désuètes, correspondant à une société où, lorsqu’une
fonction prestigieuse était interdite aux femmes, le féminin désignait
l’épouse. Les métiers concernés par ce problème, comme
« préfète » ou «ambassadrice » sont aujourd’hui ouverts aux
femmes. En 2014, 15,7% des préfet.e.s sont des femmes. Par
ailleurs, se pose-t-on la question de savoir si la nomination de
leurs époux («Monsieur le préfet » ?) concurrence les hommes
exerçant ce métier ? Et que faire si «Monsieur le préfet » est
marié à un homme ? Les usages langagiers doivent s’adapter
aux usages sociaux.

Derrière cet argument, se dissimule la résistance à la nécessité d’égalité entre les femmes et les hommes contre laquelle nous devons toujours lutter.

http://femme-avenir.com/guide_pour_une_communication_publique_sans_stereotype_de_sexe.pdf

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Nommer son métier au féminin

Pourquoi certaines fonctions ou métiers accepteraient le féminin et pas d’autres ! La langue française accepte deux genres mais l’on voit que leur utilisation est à géométrie variable et que le masculin est du côté du pouvoir et du prestige quand le féminin est accordées aux humbles.

« L’argument du prestige : « Les femmes elles-mêmes
nomment leur métier au masculin ».
Ces femmes ont parfaitement compris les messages envoyés
par ceux qui ont fait disparaître les termes féminins et ceux qui
aujourd’hui les disent impropres ou inconnus, leur signifiant
que, supposées inférieures, elles n’auraient rien à faire sur leur
terrain. Et nous ne pouvons d’ailleurs pas blâmer ces femmes
«transfuges », qui transgressent des normes en intégrant des
secteurs majoritairement occupés par des hommes, de chercher
à se fondre dans les usages leur préexistant. Mais cela
est dommage, car l’usage du féminin pour leur nom de métier
par exemple ne diminue pas leurs compétences. De plus, ces
femmes sont des pionnières et peuvent jouer un rôle important
de modèle pour les générations à venir. »

http://femme-avenir.com/guide_pour_une_communication_publique_sans_stereotype_de_sexe.pdf

Ecrivaine, pompière, ce n’est pas beau !

L’argument esthétique:
« écrivaine, pompière, ce n’est pas beau ! ».
Le fait de systématiser l’usage du féminin est d’abord une
question d’habitude.
Ce n’est pas une question d’esthétique, car aucun mot n’est
beau ou laid en soi.
Les arguments contre ces usages sont souvent irrationnels.
L’ouvrage La Grammaire en folie de Brigitte BLOCH nous remémore
ainsi un énoncé de Bertrand POIROT-DELPECH, académicien,
invité de Bernard PIVOT dans l’émission « Bouillon de
culture » : « C’est le vaine d’écrivaine qui me gêne », feignant ne
pas entendre que le mot « écrivain » contient l’adjectif « vain ».
Les noms de métiers au féminin « dérangent » car ils traduisent
le fait que des terrains conçus comme propres aux hommes
sont investis par des femmes.

Le féminin serait-il encombrant ?

Pour une langue sans stéréotype de sexe – suite

L’argument de la lisibilité : « Cela encombre le texte ».
Au contraire, l’usage du féminin clarifie un texte puisqu’il
permet de comprendre qu’on y évoque aussi des femmes ;
cela évite au contraire d’avoir à le préciser de manière explicite.
D’autre part, la réintroduction des termes féminins raccourcit
les énoncés : « femme auteur », « femme ingénieur »,
«femme poète » sont des périphrases qui prennent plus de
place qu’« autrice », « ingénieure », « poétesse »… Enfin, les
femmes « n’encombrent » pas un texte.

En français, le neutre n’existe pas !

L’argument du masculin générique : « Le masculin est
aussi le marqueur du neutre. Il représente les femmes et
les hommes ».
En français, le neutre n’existe pas : un mot est soit masculin,
soit féminin.
Et d’ailleurs, l’usage du masculin n’est pas perçu de manière
neutre en dépit du fait que ce soit son intention, car il active
moins de représentations de femmes auprès des personnes
interpellées qu’un générique épicène. C’est tellement courant
que nous en avons à peine conscience. Cette problématique
pourrait être mise en parallèle avec l’histoire du suffrage universel.
Le masculin n’est pas plus neutre que le suffrage n’a
été universel jusqu’en 1944.

http://www.haut-conseil-egalite.gouv.fr/IMG/pdf/guide_pour_une_communication_publique_sans_stereotype_de_sexe_vf_2016_11_02.compressed.pdf

Le féminin n’est pas un accessoire de la langue

Notre langue est notre héritage et elle est aussi celui de nos enfants. C’est une langue vivante qui nous devons leur transmettre, adaptée aux interactions sociales et aux rapports de pouvoir en train de s’inventer.

Dans un pays où l’égalité entre les femmes et les hommes est inscrite dans la Constitution, la langue ne peut rester un domaine où serait encore admise et revendiquée l’expression de la prétendue supériorité d’un sexe sur un autre, dissimulé sous appellation du genre. Ne pas pouvoir nommer le féminin, ou le faire disparaître dans un genre prétendument indifférencié, c’est organiser l’invisibilité donc l’absence des femmes dans la société.

Au fil des jours je vais vous proposer un argumentaire à opposer à ceux qui prétendrait que cette question du genre dans notre langue est secondaire.

Largement inspiré du « guide pour une communication publique sans stéréotype de sexe »

http://www.haut-conseil-egalite.gouv.fr/IMG/pdf/guide_pour_une_communication_publique_sans_stereotype_de_sexe_vf_2016_11_02.compressed.pdf

1 – L’argument d’utilité : « c’est une question accessoire ».
La langue reflète la société et sa façon de penser le monde. Ainsi,
une langue qui rend les femmes invisibles est la marque d’une
société où elles jouent un rôle second. C’est bien parce que le
langage est politique que la langue française a été infléchie
délibérément vers le masculin durant plusieurs siècles par les
groupes qui s’opposaient à l’égalité des sexes.

10 RECOMMANDATIONS pour une communication publique sans stéréotype de sexe

  1. Éliminer toutes expressions sexistes
  2. Accorder les noms de métiers, titres, grades et fonctions
  3. User du féminin et du masculin dans les messages adressés à tous et toutes
  4. Utiliser l’ordre alphabétique lors d’une énumération
  5. Présenter intégralement l’identité des femmes et des hommes
  6. Ne pas réserver aux femmes les questions sur la vie personnelle
  7. Parler « des femmes » plutôt que de « la femme », de la « journée internationale des droits des femmes » plutôt que de la « journée de la femme » et des « droits humains » plutôt que des « droits de l’homme »
  8. Diversifier les représentations des femmes et des hommes
  9. Veiller à équilibrer le nombre de femmes et d’hommes
  10. Former les professionnel.le.s et diffuser ce guide

Extrait du site entre les lignes, entre les mots :

https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2016/11/22/pour-une-communication-publique-sans-stereotype-de-sexe/

Site sur lequel je vous propose de télécharger un petit manuel de communication sans stéréotype de sexe…

https://entreleslignesentrelesmots.files.wordpress.com/2016/11/guide_pour_une_communication_publique_sans_stereotype_de_sexe_vf_2016_11_02-compressed.pdf